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Le site de Carla Bruni-Sarkozy a coûté 410.000 euros aux contribuables français

Enfin, l'information selon laquelle le site de Carla Bruni-Sarkozy a coûté 410.000 euros aux contribuables français s'impose.

 

L'information a bien failli être étouffée. Sortie en toute discrétion, il y a quelques jours, cette nouvelle a bel et bien failli être emportée par le flot de l'actualité, entre Cahuzac, le Tour de France, le dîner Hollande façon Obama de province et le royal baby...

 

Et pourtant, tous les ingrédients d'un petit scandale d’État sont à nouveau réunis, puisque l'histoire de ce site s'apprête à enrichir la grande chronique des épisodes révélateurs de la belle vie en mode Louis XV des Sarkozy-Bruni à l’Élysée.

 

Financé par le budget de la présidence

 

Dans son dernier rapport sur les comptes et gestion de la présidence de la République en 2012, avec un temps Sarkozy, puis un temps Hollande, la Cour des comptes, toujours sourcilleuse de signaler les mauvaises manières que l'on fait parfois à l'argent du contribuable par une emploi néfaste et/ou indu, pointe de son doigt vengeur et inflexible le coût du site dédié à Carla Bruni, épouse du président Sarkozy alors en fonction.

 

Après avoir détaillé le coût des dépenses internet de la présidence en 2012, notant que celles-ci ont été engagées principalement sous le mandat Sarkozy :

 

"La dépense entre le 1er janvier et le 15 mai 2012 s'est élevée à 373.809 euros ce qui représente 67,8% du total du budget de l'année. Sur la période du 15 mai 2012 à la fin de l'année 2012, le montant de la dépense s'est élevé à 180.000 euros."

 

La Cour dévoile, en creux, le montant du seul site de Carla Bruni, financé en 2011 et 2012 par l'Élysée :

 

"Par ailleurs, il n'y a plus de site internet spécifique dédié à la conjointe du président, financé par le budget de la présidence (pour un coût de 0,33 million d'euros en 2011 et de 0,08 million d'euros en 2012) : il existe aujourd'hui une rubrique au nom de la compagne du président sur le site de la présidence."

 

Un preuve de favoritisme insupportable

 

Ajoutons également que l'entretien de ce site coûtait extrêmement cher. On en sait plus grâce aux données fournies par les services de Matignon en réponse à une question du député UMP Guillaume Larrivé, qui souhaitait connaître, en mai dernier, le coût de la présence de Valérie Trierweiler et de ses collaborateurs à l’Élysée.

 

Par comparaison, avait répondu malicieusement les services du Premier ministre, Valérie Trierweiler coûte beaucoup moins cher aux contribuables que Carla Bruni, fournissant au passage quelques données éclairantes :

 

"Huit collaborateurs étaient affectés au service de la Première dame en janvier 2012 pour une rémunération mensuelle nette globale de 36.448 euros. À celle-ci s'ajoutaient tous les mois les facturations de deux prestataires externes assurant pour la Première dame la gestion d'un site internet pour un montant de 25.714 euros, soit une dépense mensuelle totale de plus de 60.000 euros."

 

25.714 euros mensuels pour l'entretien d'un site internet ? Et tout cela pour un produit, si l'on en croit les techniciens les plus en pointe, tout à la fois en retard d'une guerre 2.0, perméable aux attaques de hackers les plus amateurs, et bien peu alimenté en contenus... Selon les plus pointus des spécialistes, c'est une "cybercatastrophe", ni plus ni moins, montée sur le dos du contribuable.

 

Le site est du reste toujours en ligne, au fonctionnement désormais financé par des fonds privés, alors même qu'il a été monté avec des fonds publics. Peu importent son objet et sa cause, Il y a là quelque chose qui ne va pas.

 

Bref, et pour aller droit au but, cette affaire du financement par l’État du site de l'épouse de Nicolas Sarkozy alors président de la République revêt toutes les allures d'un petit scandale d’État. Plus que la somme, c'est le principe même du favoritisme ainsi mis à jour qui est insupportable.

 

Une question de décence républicaine

 

Cette "cybercatastrophe" confirme ce que l'on sait de ce que fut ce régime, cette parenthèse politique hallucinante dans l'histoire de la Ve République et dont la France n'a pas fini de payer les coûts politiques, sociaux et humains : un temps où le sommet du pouvoir en France, un temps de cour et de favoritisme, où le souverain, affranchi de toute contrainte républicaine, faisait selon son bon plaisir.

 

Du reste, le rapport de la Cour des comptes, distinguant entre la période 1er janvier-15 mai 2012, présidence Sarkozy, et 15 mai-31 décembre 2012, période Hollande, est parsemé de petites révélations du même acabit, démontrant que la présidence Sarkozy était bien moins avare d'une utilisation intempestive des deniers publics que ne l'est la présidence Hollande. On recommandera, page 9, le passage sur les 150 objets appartenant au mobilier national et dont la disparition avaient été constatée en 2008, 150 objets dispersés façon puzzle sans que cela n'entraine la moindre conséquence pénale ou administrative...

 

Compte tenu ce qui précède, considérant que le problème relève de la légitimité plus que de la légalité, sachant que 410.000 euros venus des poches des contribuables résidents sur le sol français ont servi à mettre en route un très onéreux site internet, que ce dernier fonctionne encore, est-il normal, sain, logique, naturel, moral et républicain que Carla Bruni-Sarkozy ne soit pas appelée, d'une façon ou d'une autre, à rendre des comptes dans cette affaire ?

 

À l'évidence, non. Si l'on était proche de Carla Bruni-Sarkozy, on s'empresserait de lui conseiller de "rendre", peu importe la méthode, pourvu que ce soit symbolique, l'argent public dont elle a bénéficié en l'espèce. Oui, il faut rendre un argent qui apparaît aujourd'hui comme perçu de manière indue, hors la limite de la décence républicaine.

 

 

Les grandes causes en besoin d'argent ne manquent pas. "Allez ! A-t-on envie de dire à Carla Bruni Sarkozy, faites un geste, un petit geste, rien qu'un geste. Un peu de générosité et de désintéressement. Un peu d'humanité en somme, rien qu'un peu..."

 

Par
Chroniqueur politique

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